• Fiole de douceur

     Mal au coeur. Mal de vie. Parfaite et splendide. Tu la dévores des yeux. Chaque instant où tu croises son reflet ton coeur gambade, tes jambes deviennent inexistence.

     Les rideaux d'ombres te recouvrent à nouveau; hors de tes yeux elle évolue sans toi. Tu es seul à imaginer cet être dans toute sa beauté, t'imaginer la posséder dans une étreinte brusque et létale tellement la jouissance serait forte. Le gouffre dans lequel tu sombres sont les entrailles du vide.

      Chacun de ses gestes semblent parfait. Tu attends dans la douleur le moment où elle accepterait de passer un moment avec toi. Elle déesse. Toi larve. Tu te sens inférieur et hideux, la divine créature semble sourire dans l'infini. Dans ta prison silencieuse tu espères une attention, quelque chose de sa part; pendant ce temps tu lui ériges un temple de plus en plus grand, ta religion sera l'amour à sens unique, ta religion sera de vénérer celle qui jamais ne te regardera, ta religion sera de protéger celle qui jamais ne te sourira.

      Ta vie sera d'être seul, coupé de tous, coupé d'elle, couper ta chair et pleurer celle que tu aimes; larmes de désespoir et
    cyanure au fond de ton tiroir. Parfois tu prends la petite fiole qu'un rayon de soleil caresse. Là tu te demandes si ça changera quelque chose pour elle, après tout elle ne t'a jamais regardé...


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